‍La démission : quitter son job dans les règles.

La démission est toujours un moment compliqué, anxiogène et difficile à amener à son manager. Pour autant, c’est un sujet qui mérite autant de précautions et d’attentions que celles portées aux autres étapes d’un process de recrutement, il y a d’ailleurs certains codes, qu’il faut respecter.

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06/2022

La démission est toujours un moment compliqué, anxiogène et difficile à amener à son manager. Pour autant, c’est un sujet qui mérite autant de précautions et d’attentions que celles portées aux autres étapes d’un process de recrutement, il y a d’ailleurs certains codes, qu’il faut respecter. 

Dans cet article, je reviens sur les règles à suivre lors d’une démission, les contraintes légales ainsi que quelques conseils à savoir. 

Une intention non équivoque

Exprimer clairement sa volonté

Ce moment est souvent épris de sentiments partagés entre la crainte de décevoir, la peur de la réaction en face mêlée à l’excitation du moment qui est le point de départ d’une nouvelle aventure. 

Ce qui est certain, c’est qu’il faut faire ça vite et bien, comme un pansement, on y va d’un coup ! MAIS, il est primordial d’y mettre les formes et d’expliquer ses raisons de départ qui seront toujours comprises si vous avez un bon manager (dans le cas contraire, c’est un mal pour un bien …)

Que dit la loi ? la démission doit être non équivoque, c'est-à-dire qu’il faut exprimer clairement sa volonté de mettre fin à son contrat de travail. Ainsi, si par exemple vous vous absentez de façon injustifiée, cela ne peut pas être considéré comme une démission. Un peu comme dans une rupture finalement, pour faire les choses bien, le silence n’est pas (du tout) la solution !
Aussi pour éviter toute ambiguïté, il est recommandé de formuler sa volonté de démissionner par écrit. La loi ne prévoit pas cette obligation, la convention collective le peut. Dans ce cas, celle-ci prévaut et il faut la respecter.

Lettre ou e-mail à vous de choisir

La forme de votre démission va principalement dépendre de la relation que vous avez avec votre manager ou votre employeur. Dans tous les cas, et quelle que soit la forme choisie pour communiquer votre souhait, prévenez votre manager en amont de votre décision. Cela vous permettra d’instaurer un climat de confiance.

En fonction de vos relations avec votre employeur, vous pouvez choisir l’option formelle de l’envoi d’une lettre recommandée avec accusé de réception. Vous pouvez aussi préférer la remise en main propre d’un document signé, ou bien encore l’envoi d’un e-mail dans lequel vous demanderez une confirmation de réception.
Assurez-vous dans tous les cas que votre document a bien été réceptionné et que vos interlocuteurs ont pris connaissance de votre envie de quitter la société.

Le préavis : élément clé de la démission

Le préavis est une clause du contrat

Un élément doit figurer sur votre lettre de démission : le préavis. L’article L1237-1 du code du travail prévoit que “l'existence et la durée du préavis sont fixées par la loi, ou par convention ou accord collectif de travail.”

Quand vous avez signé votre contrat de travail à l’embauche, vous vous êtes engagé à respecter des clauses et des articles. Ceux-ci continuent à s’appliquer même si vous avez démissionné. Le préavis en fait partie, vous devez donc le respecter. Vous ne pouvez donc pas quitter l’entreprise dans la minute.

La durée du préavis

Selon la convention collective ou votre statut (cadre/non cadre) le préavis est d’une durée différente à respecter. Sachez que si votre contrat de travail prévoit une durée inférieure à celle prévue par votre convention collective, c’est la durée indiquée dans le contrat qui prévaut.

Votre préavis débute à la date à partir de laquelle vous avez émis votre souhait non équivoque de quitter l’entreprise. Souvent il s’agit du jour de l’envoi de l’email ou de la remise de la lettre.
Ainsi si vous avez émis votre souhait de partir au 1er avril et que votre préavis est de 3 mois vous devez rester en poste jusqu’au 30 juin.


Négocier une fin de préavis anticipée

Toutefois, il arrive très souvent que lorsqu’on quitte un job, c’est pour rejoindre une nouvelle entreprise qui espère une arrivée le plus tôt possible. Il est donc d’usage de négocier la date de fin de préavis et par conséquent, ne pas respecter le délai prévu par la convention ou le contrat de travail.

Pour négocier votre fin de préavis, un conseil : ne passez pas en force. Vous ne pouvez pas et ne devez pas imposer une date de fin que vous aurez vous-même choisi sans en parler à votre manager.
Car là encore il s’agit de respecter les clauses de votre contrat de travail. La meilleure solution (encore une fois) est d’en parler à votre manager ou à votre RH.

Ayez à l’esprit que l’objectif est de trouver la meilleure adéquation entre le besoin de l’entreprise et vos projets professionnels ou personnels. 

Montrez patte blanche, revenez sur votre histoire avec l’entreprise, expliquez vos raisons et soyez transparents. C’est quand même très fréquent que le préavis soit diminué d’un mois.

Et, dernier conseil mais non des moindres : en aucun cas n’utilisez l’argument “ si je reste 3 mois je serai moins motivé, tandis que si je reste 1 mois je suis motivé”.

Gardez toujours à l’esprit que le monde pro est un petit monde, il est fort probable que vous croisiez votre manager dans une autre entreprise plus tard ou que votre coup bas (ou même votre comportement exemplaire) soit répété.

Quid des absences ?

Une question se pose régulièrement au moment de poser sa démission : est-ce que les congés ou absences décalent la fin du préavis ?

La réponse dépend du moment où ont été posés les congés. Si les congés ont été posés et acceptés avant la démission, dans ce cas la durée des congés va décaler la date de fin du contrat. 

Si les congés ont été posés après la démission, dans ce cas l’employeur peut les accepter ou les refuser. S’il accepte, il est de fait d’accord pour que la durée du préavis soit plus courte et que la date de fin ne soit pas décalée.
Parfois, l’employeur préférera que vous soldiez vos congés non pris pour éviter de vous les payer à l’issue de votre contrat. Donc si vous avez 2 mois de préavis et 20 jours de congés payés à poser, vous quitteriez l’entreprise au bout d’un mois et ferez donc le deuxième mois de préavis en “congés”.

En cas d’arrêt maladie (pour raison non professionnelle) pendant votre préavis, cela ne l’interrompt pas et celui-ci n'est pas prolongé. 

Fin de préavis et nouvel emploi

Il arrive souvent qu’en tant que candidat, on se retrouve dans une situation où une proposition d’embauche nous est faite alors que notre démission n’a pas été encore actée et par conséquent la date de fin de préavis non plus.

Dans cette situation, le mieux est de négocier la fin de votre contrat actuel avant le début du suivant.

Il existe toutefois une situation qui permet de commencer un poste alors que votre préavis n’est pas terminé. Il s’agit du cas où vous êtes dispensé d’activité par votre employeur. C'est-à-dire qu’il vous autorise à ne plus fournir de prestation de travail.

Pour reprendre l’exemple cité plus haut : vous avez démissionné le 1er avril et vous avez 3 mois de préavis. Votre employeur peut décider de vous dispenser du 3e mois et vous laisser terminer au 31 mai. Dans ce cas, vous êtes payé à rester chez vous tout le mois de juin sans fournir de prestation de travail. À ce moment-là vous pouvez commencer votre nouvel emploi au 1er juin par exemple.

S’il y a des situations particulières qui ne sont pas traitées dans cet article, il y a un fil rouge à respecter : votre contrat de travail. Également, nous vous invitons à toujours privilégier la discussion avec votre employeur plutôt que d’aller au conflit, il y a plus de chances d’arriver à une situation qui vous convienne.

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