Ces bonnes pratiques pour développer son personal branding

Au risque d'enfoncer une porte (déjà) ouverte : être sur les réseaux sociaux pro et soigner son personal branding c’est important pour sa carrière et son business, même si vous n'êtes pas co-fondateur de startup ou Head of Sales.

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05/2022


Dans cet article, je ne vais pas revenir sur l'intérêt du personal branding mais plutôt de faire le tour des bonnes pratiques et techniques testées et approuvées empiriquement ces dernières années pour développer ce marketing de soi.

L’idée générale est de s’appliquer à soi les concepts habituellement utilisés par les marques pour se positionner sur un marché, et ce, non pas uniquement au moment où on veut se positionner pour un emploi futur mais tout au long de sa carrière. L’objectif final est de se placer comme expert d’un sujet et d’acquérir une notoriété qui pourra servir des enjeux business potentiels. 

Soignez-le car il vous suit tout au long de votre carrière, peu importent vos changements de postes et d’entreprises.

Au final, avec le personal branding tout est lié à la perception qu’ont les autres de vous.

Le personal branding, c’est une stratégie marketing comme une autre

Comme toute stratégie marketing, le personal branding implique de réfléchir au message que l’on souhaite partager, avec quel ton et sur quel levier.

Comme pour n’importe quelle stratégie, les supports, médias ou leviers de communication à privilégier dépendent de l’audience auprès de laquelle vous souhaitez construire votre personal branding. Aujourd’hui dans la tech, la situation est assez claire : LinkedIn est le levier privilégié pour son branding professionnel. A contrario, pour les fonds d’investissement, le levier qui est le plus efficace c’est souvent twitter. Idem par exemple pour les développeurs informatiques ou CTO qui doivent plutôt se faire voir sur Twitter ou Discord.

Même chose pour le message et le ton à adopter : il faut que cela vous ressemble, que cela soit authentique tout en vous différenciant afin que vous soyez reconnaissable :  tout comme une marque !

Si vous voulez ouvrir une boutique, il est aussi important d’avoir une belle vitrine que de choisir un emplacement en face duquel la clientèle potentielle va régulièrement passer. 

La bonne pratique est donc de réfléchir en amont à sa communication, à ce qu’on souhaite transmettre en termes d’image et d’expertise tout en n’hésitant pas à tester et à s'entraîner pour trouver son ton, que cela soit naturel et que chaque post devienne de plus en plus simple à rédiger.

Et comme pour toute bonne démarche marketing, la clé du personal branding c’est qu'il ne faut pas que ça en ait l’air, que ça soit subtil. J’ose le parallèle avec la drague : si votre interlocuteur se fait la remarque  “tiens, il est en train de me draguer” alors c’est que vous n’êtes pas assez fin et délicat. 

À l’inverse, si la remarque c’est “j’ai l’impression qu’il me drague mais je ne suis pas totalement certain”, c’est probablement que vous faites ça bien.

Pour le personal branding c’est pareil !

Pensez le personal branding comme un outil pour votre carrière, dans le temps long

Le personal branding c’est une réflexion long terme, il faut savoir être stratège et se dire que cela sert à construire sa carrière, et non pas seulement son poste à l’instant T. Autrement dit, si vos prises de paroles sur LinkedIn ne portent que sur votre poste et votre entreprise actuelle, vous ne construisez pas un personal branding pérenne. 

Il faut faire le distinguo entre le “corporate win” (quel est l'intérêt de ma société au moment T) et le “personal win” (quel est mon intérêt personnel au moment T). En quelque sorte, il faut ménager la chèvre et le chou et réfléchir en permanence à rester équilibré. Ma société peut comprendre que je travaille mon personal win sur un réseau social, mais en même temps elle est en droit d’attendre une certaine loyauté et engagement à son égard. Tout est une question d’équilibre.

Ma bonne pratique est d’alterner entre des posts “corpo” (qui ne parlent pas de vous mais de votre employeur ou société), des prises de position personnelles et des partages d’expertise. Ils se nourrissent en alternance et permettent de rendre des posts plus visibles. Si vous arrivez à combiner les deux, vous serez gagnant sur tous les tableaux ;)

Au passage, lorsque vous relayez des posts corpo éviter de simplement “partager la nouvelle” sans personnaliser le message. Appropriez-vous le post, en y mettant votre plume et surtout demandez à votre équipe marketing de vous partager les assets (visuels, vidéo…) partagés par le compte corpo.
Procéder de cette façon vous permettra d’avoir un post avec une meilleure portée mais aussi donnera le sentiment que vous êtes plus engagé.

Travaillez la perception de sa propre expertise

Partager les posts corpo c’est bien mais créer des posts perso c’est mieux ! Quand je dis posts personnels j’entends des prises de position, des relais d’articles intéressants sur votre secteur, votre expertise sur un sujet précis.
Et, c’est sans doute pour ce dernier point que l’exercice le plus difficile.

Un bon conseil pour développer cette perception est par exemple de rejoindre des communautés métiers, et d’y partager des contenus métiers en plus de ceux de votre industrie. Vous serez perçus comme un curateur de contenus intéressant et petit à petit vous serez identifié comme un expert du sujet.

Soyons francs, les “likes & comment” ne seront peut-être pas au rendez-vous par centaine dès le début mais cela sera une première étape de franchie (et non des moindres). C’est ensuite la régularité et la pertinence de vos partages qui feront le travail sur le long terme.

Un autre bon moyen de valoriser votre expertise, est de la proposer à des producteurs de contenus (podcast, talk, conférence sur des events). Vous avez des choses à raconter et ces derniers sont souvent à la recherche de profils, d’histoire, de parcours.

Si vous ne savez pas par où commencer, ni qui contacter, partez des podcasts ou des contenus que vous consommez et proposez à leur créateur votre expertise.

Si vous ne vous sentez pas légitime à proposer votre propre expertise, arrogez-vous celles des autres. Plusieurs podcasts qui cartonnent ont été lancés par des profils qui étaient juniors ou ne maîtrisaient pas vraiment le sujet de leur podcast, mais les invités eux étaient reconnus comme experts. Ils se sont placés comme apprenant sur le sujet, ont acquis des connaissances et finalement ont été vus comme des experts du domaine.

Contrez l’angoisse du post blanc 

C’est facile à dire mais il ne faut pas avoir peur de publier ou prendre la parole sur les réseaux sociaux. On a tous tendance à sous-estimer ce qu’on a à dire, à penser qu’on n'intéresse pas ses pairs. Alors, une fois pour toutes : oui vous avez des choses à dire, qui sont susceptibles d’intéresser des pairs, n’ayez pas peur de les partager. Les lecteurs sont toujours intéressés de connaître les coulisses d’un parcours, les dessous d’une réussite ou d’un échec d’un projet.

Pour se lancer une bonne technique peut être de partager une expérience. Par exemple, vous avez lancé un podcast récemment et à cette occasion vous avez noté une liste d’étapes à réaliser, vous avez rencontré des difficultés et des réussites. Peut-être même que cette liste a été consignée dans une page notion. Et bien, voilà une idée toute trouvée : racontez ce projet de ses premières réflexions à son aboutissement en un (ou plusieurs) post.
Cela pourra être utile à d’autres qui se lanceraient sur le même type de projet et de votre côté cela vous permettra de faire un bilan, d’échanger avec des pairs sur le sujet et de vous asseoir comme un contact de référence sur la création de podcast.


Humour, sérieux, polémique : l’importance du ton of voice

Je reviens au parallèle de la stratégie marketing : il est important de se trouver un ton of voice spécifique et de s’y tenir. Cela couvre à la fois la façon de rédiger : est-ce que je mets beaucoup d’emojis,est-ce que j’écris comme je parle ou bien est-ce que j’adopte un ton plus sérieux, est-ce que je fais des posts très court ou bien mes posts s’apparentent-ils presque à des mini-articles ; mais aussi dans les visuels partagés : est-ce que je suis un adepte du meme, des gifs etc.. ? L’idéal est de vous créer dans le temps un univers reconnaissable dans sa forme autant que dans son fond: le tracteur de Grégoire Gambatto, la Human Machine de Jean de la Rochebrochard, l’écharpe rouge de Christophe Barbier etc…

Et n’oubliez pas que vos prises de paroles sont à la fois les posts que vous partagez mais aussi vos réactions sous ceux des autres via vos like ou commentaires. Là aussi, adoptez votre propre ton of voice, et soyez cohérent avec celui adopté dans vos posts si vous en écrivez. Par exemple, une posture peut être de poster des questions, de repartager du contenu ou bien même de réagir avec des emojis.

Là encore, prendre la parole et commenter sont 2 actions qui se complètent

Linkedin mais pas uniquement

Dans cet article, j’ai beaucoup parlé de Linkedin parce que c’est le réseau que je maîtrise le mieux et aussi que mon audience y est présente. Pour autant, pour que votre parole reste authentique et vous ressemble, n’hésitez pas à interagir sur le levier qui vous correspond le plus.

Et au-delà des réseaux sociaux, le personal branding vit aussi via la présence sur des slack, des events, via la mise en relation gratuite etc… Cela renforce encore un peu plus la perception que les autres se font de nous en tant qu'expert.

Le diable est dans les détails

Je finirai cet article par quelques grands conseils que je ne me lasse pas de rappeler. Soigner son personal branding c’est soigner son image. Sur Linkedin par exemple cela passe par une photo propre, professionnelle, une présentation des expériences claires et cohérentes. Si vous choisissez de présenter vos expériences sous forme de bullet point, appliquez la même mise en forme pour toutes. Cela sera plus agréable à lire et vous permettra de montrer que vous accordez de l’importance à transmettre un message clair.

Ne tombez pas dans l’orgueil de façon trop visible. Oui, avoir la reconnaissance de ses pairs, de ses anciens collègues est agréable et gratifiant. En revanche, avoir 125 endorsements sur “excel” cela tourne au ridicule.

De même, j’ai cette conviction personnelle, et je suis évidemment ouvert au débat sur le sujet, que mettre “Ex-nom de boîte" dans votre titre Linkedin c’est inutile. Parce que vous n’êtes pas cette boîte et que cela ne dit rien de vous et que, si vous avez suivi mon conseil précédent, cette expérience sera affichée dans votre parcours, on saura donc que vous avez travaillé dans cette entreprise.

Enfin, si on dit souvent en marketing que la pédagogie c’est la répétition, sur Linkedin la régularité c’est la clé. Ne vous mettez pas à poster sur les réseaux tous les jours dans le mois qui précède la fin de votre mission. Cela ne sera pas efficace, car si vous m’avez bien suivi, ce qui fonctionne pour le personal branding c’est le travail à long terme. Alors je vous conseille plutôt de vous astreindre à une publication propre, cohérente avec votre ligne édito claire, sur un ton qui vous ressemble 2 fois par mois plutôt que tous les jours sur tout et n’importe quoi.

Enfin, et parce que c’est mon parti pris et j’y crois, conservez de l’humour et de l'autodérision dans cet exercice difficile. Les situations d’échange compliquées seront d’autant plus faciles à appréhender. 

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